Mon épilepsie a commencé à l'âge de 4 ans, et ce manifestait principalement par des absences (petit mal).
J'ai subis divers traitements : Tégrétol, Sabril, Gardénal, Keppra, Epitomax, Lamictal, mais toujours des absences à une fréquence de 3 à 4 par mois.

C'est à cause d'une décision de justice, qu'à l'âge de 25 ans je vais chercher par tous les moyens la guérison et découvrir par hasard la neurochirurgie. Je n'ais eu dés lors qu'une obsession, me faire opérer.
Malgré les réticences de mon neurologue sur le recours à la chirurgie, pour lui les traitements qu’il me prodiguait devaient à long terme réduire ces absences, je me suis mis en contact avec d'autres spécialistes qui avaient une vision bien différente des bénéfices que pouvaient apporter à moyen terme l'opération. Je n'ai alors pas hésité a effectuer divers IRM, des séjours en observation dans un centre spécialisé en EEG-vidéo, avant de pouvoir être déclaré opérable et être convoqué à subir l’intervention.

Je rentre à l'hôpital 3 jours avant l'opération, les analyses nécessaires sont effectuées avant le jour J.
Le chirurgien m'explique précisément son intervention tout en essayant de me mettre en confiance. Il va faire une ouverture dans la boite crânienne pour retirer la partie du cerveau qui déclenche les épilepsies. Celle-ci représente un volume comparable à la forme d'un ballon de rugby de 5 cm de long. Il m'expose également les risques inhérents à cette intervention, tel que la perte de sensibilité aux niveaux des membres supérieurs ainsi que des troubles de la vision.

Après une nuit de sommeil voila le Jour J. Malgré une petite anxiété je vais enfin "passer sur le billard".
A mon arrivée au bloc ma première impression fut le degré de température qui régnait dans la pièce. Si bien que les infirmières n'arrivaient plus à me trouver de veines pour poser une perfusion. Sans suivie l'anesthésie générale et l'opération (celle-ci durera 6H).

Après une phase de réveil, je repris doucement conscience au milieu d'autres personnes, opérés comme moi, mais dont certaines avaient l'air complètement perdues. Ma première réaction fut de vérifier si tout mes sens n'étaient pas touchés, je pouvais bouger mes membres et ma vision n'avait pas l'air d'être touchée. L'anesthésiste vint quand à lui regarder si ma perception et mon jugement étaient corrects.

Durant 3, 4 jours j'ai eu des maux de tête insupportables qui ont nécessité la prise de Morphine, ils allaient disparaître au fil des jours. Après avoir passé une semaine à l'hôpital et un petit mois en maison de repos j'ai retrouvé mon domicile et repris mon travail dans les 15 jours suivant.

Au bout de 10 mois, aucune absence à signaler. En commun accord avec le professeur, j'entamais le sevrage de mon traitement.
Sur une durée de 3 ans je vais le réduire progressivement tous les 3 mois jusqu'à son arrêt complet. Durant cette période et depuis l'arrêt du traitement je n'ais pas eu une seule absence, ma mémoire s'est améliorée.

Le recours à la neurochirurgie peut vous changer la vie. Si le résultat et positif vous allez pouvoir réaliser des choses auxquels vous n’aviez jamais pensé lorsque vous étiez encore épileptique.

Mais attention, si cette opération a était mal préparé, si des complications sont apparues lors de l’acte chirurgical, le risque d’avoir des séquelles irréversibles existe.

J’ai créé ce site non pas pour faire l’apologie de l’opération, mais pour informer.
Grâce aux fortunes diverses rencontrées par ceux qui ont bien voulu partager leurs expériences, je vous laisse vous faire votre propre opinion sur cette chirurgie.

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